L’impact du Brexit sur les opérateurs de Gibraltar

Depuis que le Premier ministre David Cameron a annoncé que les citoyens de Grande-Bretagne allaient décider si le Royaume-Uni resterait ou non dans l’Union européenne, le référendum a attiré tous les médias. Au niveau de l’industrie du jeu d’argent au sein du Royaume-Uni, l’attention s’est détournée de Gibraltar, ce petit territoire de quelques kilomètres carrés situé en Espagne, indépendant, mais appartenant quand même à la couronne anglaise. En effet, c’est un carrefour important du monde de l’iGaming depuis 10 à 15 ans.

Les conséquences de la fermeture des frontières

Membre de l’Union européenne depuis 1973 en tant que territoire du Royaume-Uni, d’après l’article 355 du traité de Fonctionnement de l’Union européenne, Gibraltar a beau s’étendre sur seulement 8,6 kilomètres, il accueille aujourd’hui 30 entreprises, soit en B2B, soit en B2C, licenciées par la Gibraltar Regulatory Authority. Le choix de quitter l’Europe pourrait infliger un coup terrible à l’économie du jeu en ligne. Les représentants officiels de Gibraltar ont précisé que le Brexit aurait de pires conséquences pour Gibraltar que pour le Royaume-Uni.

Environ 3 000 personnes travaillent pour des entreprises du secteur des opérateurs de jeu en ligne dans le pays, et 1 000 emplois sont indirectement menacés pour la même raison. Sans compter que les nombreuses nationalités peuvent poser des éventuelles questions de Visa ou de difficultés à obtenir des papiers pour pouvoir continuer d’exercer leur métier à Gibraltar. L’économie de l’Espagne serait également touchée de plein fouet par cette décision. 10 000 personnes travaillant à Gibraltar et habitant en Espagne ; se rendent tous les jours sur leur lieu de travail.

«  Si les frontières sont fermées suite à l’abolition de l’espace Schengen, quelles conséquences ces blocages pourraient-il provoquer ? »

Si les frontières sont fermées suite à l’abolition de l’espace Schengen, quelles conséquences ces blocages pourraient-ils provoquer ? Le ministre des Affaires Etrangères Espagnol a déjà soulevé cette question en mars dernier en précisant que l’Espagne demanderait le contrôle de Gibraltar le lendemain du vote si jamais celui-ci était en faveur de la sortie. On ne sait pas si cette menace a été mise à exécution, mais une chose est sûre, c’est que les enjeux sont importants.

Gibraltar n’est pas la seule à déplorer cette sortie de l’Union Européenne.

Les rumeurs de complète indépendance de Gibraltar persistent, dans une optique différente que l’Écosse, mais l’envie de se désolidariser définitivement et complètement du Royaume-Uni sera certainement la meilleure des solutions pour Gibraltar en l’état actuel des choses.

Cette opinion est partagée par le Président-Directeur Général de l’Association des Paris et des Jeux de Gibraltar, Peter Howitt. Il représente les intérêts de la majorité des opérateurs basés dans le pays. Il appuie que rester dans l’Union Européenne pour Gibraltar profiterait aussi au Royaume-Uni, notamment à cause du fait que la libre circulation des personnes faciliteraient le business. Il explique que la relation difficile avec l’Espagne influerait beaucoup trop sur le quotidien des travailleurs de Gibraltar si les contrôles aux frontières étaient rétablis. Et par conséquent, si les travailleurs trouvent trop d’obstacles pour aller travailler, ils changeront d’endroit pour se diriger vers un pays comme Malte où le business de l’iGaming est aussi important mais qui fait toujours partie de l’Union européenne. Si les travailleurs partent, le marché s’écroule à Gibraltar et donc l’économie, et c’est dans ce sens que le Brexit affecterait beaucoup plus négativement Gibraltar que la Grande-Bretagne.

Malte n’est pas non plus très heureuse de ce divorce. Le président exécutif de la Malta Gaming Authority, Joseph Cuschieri, a déclaré que le plus grand souci serait les conséquences floues de cette décision sur les relations entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne. L’incertitude, plus que les décisions, aurait un mauvais impact sur l’économie ciblée de certains territoires. Rappelons que Malte, cette petite île coincée entre la Sicile et la Tunisie faisait partie des territoires de la couronne anglaise jusqu’à 1964.

Cependant, le Royaume-Uni ne quittera pas l’Union européenne en un claquement de doigts. Deux ans seront probablement nécessaires pour ratifier les nouvelles lois et trouver des accords économiques viables pour ne pas enclaver le Royaume-Uni. On a donc le temps de voir venir et de prendre des décisions sages qui arrangeront tout le monde.